Pêche préparation

« Papa, quand est-ce qu’on va à la pêche ? … »

(Petit manuel de survie à l’usage des débutants)

Avec les beaux jours il est devenu de plus en plus difficile de se dérober, d’invoquer la pluie qui mouille ou le vent qui fouette. Mais comment lui expliquer qu’on n’y connaît rien, que l’univers de la pêche nous est aussi étranger que celui du vol à voile ou de l’élevage des vers à soie sans perdre son statut de super papa ?
Coté technique, c’est le néant absolu. Tout ce matériel, ces fils, ces plombs, ces flotteurs, ces hameçons …  Et je ne parle même pas des appâts pour lesquels les mots « visqueux » ou « répugnant » ont du être inventés.
Pas de panique ! Je vais essayer de vous donner les clefs pour bien démarrer, et réussir une première sortie pêche avec votre enfant. Mais d’abord, quelques notions qu’il faut garder à l’esprit.

La pêche, qui et à quel âge ?

Comme dans beaucoup de domaines faisant appel à la patience et à la minutie, tout est une question d’envie et de motivation. Et à ce jeu là, je peux vous assurer que les petits garçons ne sont pas obligatoirement les plus acharnés. Alors, garçon ou fille ? Les deux mon capitaine !
Sachez aussi que votre propre enthousiasme, votre constance voire votre pugnacité auront valeur d’exemple. Ne l’oubliez jamais : vous êtes observé !
En ce qui concerne l’âge du jeune pécheur il n’y a pas de règle, là non plus. Sans jouer les psycho-motriciens amateurs je dirais qu’avant 5/6 ans votre enfant sera plus spectateur que réellement acteur et qu’inversement il sera réellement autonome vers 8/9 ans.
En tout état de cause ne préjugez de rien, surtout pas de sa patience… Si votre enfant est capable de rester concentré une heure sur une tablette (ce qui est fortement déconseillé) ou plus devant un dvd, il pourra passer deux heures à la pêche, heureux d’être avec vous et de partager une activité.

 6 bonnes raisons (et bien d’autres) pour aller à la pêche avec son enfant

  1. Parce que c’est ludique : Lors de la toute première sortie, surtout avec  les plus jeunes (5/6 ans), aller à la pêche c’est jouer au pécheur. Il y a le matériel, la canne, l’épuisette, la préparation, le décorum et, parfois, un poisson pris par inadvertance. Il y a le plaisir de faire comme – et avec – les adultes, une activité de « grand ». Par la suite, s’il vous demande d’y retourner, cela évolue. Il est fréquent que l’enfant se prenne peu à peu au jeu, se passionne et s’enhardisse. Vous le verrez alors se détacher, prendre son autonomie, tout à son affaire, dans un plaisir plus personnel fait de stratégies, d’approches, d’attentes « insoutenables » et d’exultation d’avoir réussi. Un plaisir partagé lorsque triomphant il reviendra vers vous en criant, un beau poisson accroché au bout de sa ligne. Désormais, c’est un vrai pécheur.
  2. Parce que cela demande persévérance et concentration : L’apprentissage de la patience est peut être une des choses les plus complexes de la petite enfance. Nous avons tous été les témoins d’une colère noire à ne pas réussir un puzzle ou la construction d’un château de sable. Or la pêche possède une « dramaturgie » tout à fait appropriée pour canaliser l’attention. Cela tient, en amont, à la préparation de la séance qui excite abondamment l’imaginaire et donc la motivation. Puis, une fois sur place, à la mise en œuvre de différents stratagèmes  pour parvenir à ses fins, stratagèmes qui sont autant d’enjeux dans une même mécanique répétitive : bien accrocher son appât, parvenir à le poser là où on le souhaite, rester concentré sur sa ligne, ferrer etc. Enfin, il y a cette part d’inconnu, de circonstances, de chance, que l’enfant assimile finalement assez rapidement, l’espoir sans cesse renouvelé d’une belle prise et d’un dénouement heureux.
  3. Parce que c’est bon pour sa motricité et sa dextérité : Pêcher c’est expérimenter ses petit doigts sur des fils et des hameçons tout fins, exercer ses réflexes pour ferrer au bon moment, travailler son équilibre sur les rochers… Quoi de mieux ?
  4. Parce que cela permet de réunir toutes les générations : Là aussi, c’est une évidence. S’il y a une activité qui peut croiser les générations c’est bien la pêche. Ici, pas de capacités physiques hors normes, de techniques ou de règles complexes, de matériel intransportable. Plus que cela, c’est bien d’un partage, d’une transmission de connaissances et d’expérience dont il s’agit.
  5. Parce qu’ainsi on responsabilise son enfant : N’ayons pas de fausses pudeurs : oui, la pêche est un acte de prédation et c’est aussi ce qui fascine votre enfant. Tous les enfants. Mais l’idée que capturer c’est avoir le pouvoir de donner la mort peut ici être battue en brèche. Ainsi, quand votre enfant écrase 200 fourmis d’une fourmilière et n’arrête qu’après que vous l’ayez sermonné fermement une demi douzaine de fois, il n’est pas sûr qu’il ait compris le sens de la chose, en dépit de vos explications. Dans le cas de la pêche et d’un poisson qu’il a capturé, il a la possibilité de le remettre lui même à l’eau dans un acte volontaire et il est beaucoup plus aisé de lui faire comprendre les tenants et les aboutissants de sa décision. Vous pouvez lui expliquer que tel poisson est trop petit pour être gardé et qu’il sera bien plus gros l’année prochaine ; que, finalement, le plaisir réside dans la capture et ses difficultés, et pas dans la mise à mort ; et qu’en dernière extrémité on peut conserver un poisson, certes, mais à condition de le consommer.
  6. Parce que c’est découvrir l’environnement, sensibiliser à sa diversité et à sa protection : là un sac plastique qui traine, une canette,  et c’est toute la problématique de la pollution qui peut être expliquée. Là, un trou dans la roche qui abrite algues, coquillages, anémones de mer, crabes, crevette, poissons etc. et c’est la diversité biologique, la notion de biotope ou d’équilibre naturel qui sera évoquée.
  7. Parce qu’être dehors, faire de l’exercice, respirer l’air marin et prendre quelques rayons de soleil, c’est tout simplement bon pour sa santé. Mais ça, vous le saviez déjà.

C’est quoi une sortie pêche réussie ?

Quelque soit le niveau, cela se résume en une équation simple :

Trouver un bon coin + Ne pas galérer avec le matériel + Attraper quelques poissons
= Passer un bon moment.

 Le reste, c’est de la littérature.  Si l’une de ces trois conditions n’est pas remplie vous passerez à coup sûr un mauvais moment à gérer là un bobo sur les rochers, là une prise de tête avec le fil ou les hameçons, là l’impatience de votre progéniture. Cela mérite réflexion…

1. Trouver un bon coin est la première difficulté ; il faut qu’il soit raisonnablement  « sécurisé » et, en même temps, susceptible d’abriter des poissons faciles à capturer. Inutile par exemple de vous échiner à pécher depuis une plage où il ne pourra effectivement rien vous arriver, pas même prendre un poisson…

Les meilleurs endroits pour initier un enfant sont, selon moi, les digues et les ports avec cependant quelques bémols à garder à l’esprit :

  • Tout d’abord être très attentif aux risques de chutes (dans l’eau ou sur les rochers) et, du coup, faire en fonction de son âge et de son aptitude à la grimpette. Pour votre confort et une sécurité optimale le principe de base est : un adulte par enfant. Partir avec deux ou trois mini néophytes est une expérience que même Chuck Norris n’a jamais osé tenter.
  • Savoir ensuite que, théoriquement, la pêche est interdite dans les ports… Dans la pratique, en l’absence de danger précis, personne ne vous dira rien si c’est un enfant qui pêche. En revanche, choisir un port de petite dimension (Les Goudes, la Pointe Rouge, Niolon etc) et se montrer discret éviteront toute discussion.

2. Ne pas galérer avec le matériel est la deuxième condition et pas la moindre puisque vous allez devoir vous familiariser avec un équipement et des techniques qui vous sont étrangers. J’y consacrerais un article complet mais, là encore, quelques principes de base s’imposent :

  • D’une part préparer à l’avance tout ce qui peut l’être du matériel de pêche, des lignes et des appâts (sur place et dans une configuration « enfant » c’est presque impossible).
  • D’autre part ne rien oublier du sac à dos traditionnel servant à toute sortie : de l’eau (en quantité), un goûter, une casquette, un change complet, une protection solaire et, accessoirement, de bonnes chaussures de rando… On ne crapahute pas sur les rochers en tongs !

3. Attraper quelques poissons. Cela semble une évidence mais là aussi la patience des enfants et la vôtre en dépendent. D’autant qu’entre « voir des poissons » et « en attraper » il y a loin. C’est la raison pour laquelle les montages et techniques que je vous propose jouent la carte de l’efficacité plus que celle de l’orthodoxie. Notez qu’entre attraper et garder il y a aussi très loin. Un seau rempli d’eau permettra de regarder de plus près les captures, voire d’y ajouter quelques coquillages, mais il ne faut en aucun cas céder à la tentation de vouloir ramener le tout à la maison. A la fin de la partie de pêche, tout retourne à l’eau… Sauf évidemment s’il s’agit d’une dorade de deux kilos mais là, autant aller tout de suite mettre un cierge à la Bonne Mère.

Maintenant que les questions qui, où, pourquoi ont trouvé des réponses, notre prochain article vous aidera sur la notion du comment. Nous y aborderons les problématiques du matériel et des techniques dans un esprit clef en main !

Préparation à la pêche

2 réponses pour “La pêche ! Pour qui, pourquoi…”

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